Crépitement de la gravelle comme feu d’artifice dans ce décor encore en processus d’éveil.
Un vent chaud entre les arbres dénudés et frais sur le bord du lac.
Celui qui m’empoigne pour me rappeler que je suis vivante après l’hiver, long, froid, trop long, trop froid.
Tout le monde est au rendez-vous.
Les vaches qui broutent le peu de verdure qui tente bien que mal de faire sa place au sol.
Perce-Neige qui ajoute son brin d’euphorie aux rayons de soleil.
Me sentir crier victoire à travers le chant des oiseaux que je semble entendre pour la toute première fois.
Ou plutôt comme si ce n’était qu’un souvenir lointain.
Comme cette route qui me semble interminable, enfin.
Fatiguée de voir la fin de ma rue.
Le mur de blizzard.
Je m’accroche à une abeille dans la bourrasque.
Prends la route vers les champs aux couleurs orangées.
Entre deux rangées de pins, les cervidés comme toile de fond.
Je reprends mon souffle dans le soleil couchant sur le relief à l’horizon.
J’ai cligné des yeux, le temps d’un entre-saison.
Plus rapide qu’un flocon qui flotte pour disparaitre sur un couvert blanc.
Déjà, c’est un vert éclatant qui m’accueille à poumons découverts.
L’odeur des lilas dansant au vent, avec nos souvenirs d’avant.
En bordure, les fleurs de fraises sauvages me saluent.
Je les remercie en retour.
Tout comme notre village, elles font peau neuve avec le beau temps.
J’ai cligné des yeux, le temps d’un entre-saison.
Plus rapide qu’un flocon qui flotte pour disparaitre sur un couvert blanc.
Déjà, c’est un vert éclatant qui m’accueille à poumons découverts.
L’odeur des lilas dansant au vent, avec nos souvenirs d’avant.
En bordure, les fleurs de fraises sauvages me saluent.
Je les remercie en retour.
Tout comme notre village, elles font peau neuve avec le beau temps.
D’Iron à East Hill, les prairies rencontrent les villages.
Tendent la main aux apiculteurs.
Sèment l’amour aux agriculteurs.
L’abondance d’un village qui se traduit par le sourire qu’on lui donne.
Je me suis ancré sur le rivage, le cœur léger.
J’en ai fait notre nid.
En sachant mon sac rempli, j’ai repris le chemin de la maison.
Roulé entre les ombres des cimes d’arbres.
Vogué sur le pavé d’une histoire oubliée qu’on tente à tout prix de raviver.
Entre deux tables du marché.
J’entends murmurer l’importance d’arroser les fleurs en temps de canicule.
Que sans cela, elles fanent et ne savent s’épanouir de la beauté que la vie leur a offerte!
Qu’avec l’aide, aussi minime soit-elle, elles sauront grandir.
J’entrecroise le sourire de la potière qui partage passionnément le processus de ses pièces.
Je me tente à croquer dans une fraise fraîchement cueillie.
Comme l’avoine de mon panier.
Tressé d’histoires qui perdurent.
Qui font leur chemin vers la surface, à nouveau.
J’ai appris que faire la différence ne découle pas seulement de l’achat.
C’est une recette imparfaite qui s’harmonise entre deux vivants.
Basée sur le partage de connaissances, de biens et d’entraide.
Du troc passionnel.
Avec un vrai visage.
Des mains qui labourent la terre.
Un mélange de vrais ingrédients.
Du tissu choisi avec amour.
De l’art sur papier.
Des mots qui nous parlent.
Du vrai, en vraie.